Liste des plus beaux Requiem de l’histoire de la musique

Depuis des siècles, je suis presque tenté de dire « depuis la nuit des temps », la musique classique trouve ses lettres de noblesse dans la composition symphonique des messes sacrées. D’abord envisagés comme la simple expression culturelle du fond cultuel européen, les Requiem sont aujourd’hui considérés comme des chefs d’oeuvre à part entière. Ils sont compris comme des chants de gloire religieux profondément respectueux du Royaume de Dieu et des morts. Leur objet et leur nature sont hors du temps et de l’espace, c’est la raison pour laquelle ils sont encore susceptibles de bouleverser tout hommes attentifs aux sons et à la musique discrète qui environne toutes choses. Voilà pourquoi beaucoup de nos contemporains restent sensibles aux messages des Requiem, même lorsque l’ampleur de leur foi est réduite à néant, ou que leurs convictions philosophiques les éloignent clairement du catholicisme. En effet, la tradition veut que ces pièces artistiques uniques en leur genre puisent explicitement leurs sources dans la liturgie chrétienne. Ainsi, les livrets musicaux qui accompagnent le Requiem sont généralement composés de prières grecs et latines tirées de la messe romaine transfigurées en notes chantées ou interprétées par des musiciens grâce à leur voix et aux instruments. Bien, mon travail de vulgarisation s’achevant ici, je vous invite à écouter la liste des plus beaux Requiem de l’histoire de la musique classique.

Le Requiem inachevé de Wolfgang Amadeus Mozart est une messe en ré mineur composée en 1791, durant la dernière année de vie du grand génie. Elle fait parti des œuvres les plus célèbres dans le répertoire du compositeur autrichien. On raconte que c’est son élève Franz Xaver Süßmayr qui termina l’oeuvre en question à la demande de la veuve Constance Mozart. Elle aurait formulée ce souhait à la mort de son mari pour honorer ses dettes et couvrir les frais de l’enterrement. Le Requiem inachevé fut sujet à de nombreuses polémiques esthétiques entre le 18e et le 19e siècle, à cause des innovations musicales imprimées sur la partition et en raison des mythes qui entourent la mort du créateur. Le papier de Johann Friedrich Rochlitz qui relate la visite d’un étrange visiteur quelques jours avant le décès de Mozart eut un grand succès à l’époque. Les artistes romantiques ont beaucoup discutés de l’oeuvre, nombreux sont ceux qui s’en sont inspirés par la suite. Nous savons maintenant de source sûre que le Requiem fut initialement commandé par le comte Franz de Walsegg pour commémorer le premier anniversaire de la mort de sa femme.


La Grande Messe des Morts d’Hector Berlioz est une composition musicale écrite en 1837 à la demande du ministre Adrien de Gasparin qui voulait célébrer l’héroïsme des soldats morts au combat lors de la seconde révolution française de Juillet 1830. L’inauguration fut en fin de compte annulée et les intentions de commande se sont finalement reportées sur la célébration funeste des combattants tombés en martyres lors de la prise de Constantine. La première représentation de l’oeuvre fut dirigée par François-Antoine Habeneck dans l’Église des Invalides à Paris, en mémoire du général Charles-Marie Denys de Damrémont. Il s’agit de l’un des Requiem les plus long de l’histoire de la musique classique. Tous les mouvements s’appuient sur les rites latins de la messe catholique traditionnelle. Le ton grave des violons et les voix du chœur donnent une allure de dignité magnifique à l’Introït et au Kyrie.


La Messe de Requiem de Gabriel Fauré est un chef d’oeuvre français en ré mineur, composé entre 1887 et 1900 à l’intention du service funéraire de L’église de la Madeleine bâtit dans le 8e arrondissement de Paris. Sa dernière version pour grand orchestre fut très bien accueillis par le milieu aristocratique et lettré de l’époque précédant le 20e siècle. La popularité et la postérité de Gabriel Fauré doivent d’ailleurs beaucoup aux commentaires et recommandations de son maître d’école Camille Saint-Saëns. La messe de Requiem op. 48 est le manuscrit le mieux connu et le plus joué du compositeur héritier. L’air somptueusement moderne du Pie Jesu continue de fasciner les mélomanes comme les croyants. De l’aveu même de l’artiste, la création de cet écrit n’a été motivé par aucune commande officielle sinon le souffle d’inspiration divin qui touche toujours le génie sincèrement pieux.


La Messe de Requiem de Giuseppe Verdi est une oeuvre pour solistes, double chœur et orchestre composée en 1874 par le plus fameux des artistes romantiques italiens. Il s’agit d’un hommage à la mémoire du poète prosateur et dramaturge Alessandro Manzoni pour son action courageuse lors de la renaissance italienne du Risorgimento. La dernière partie du Requiem nommée Libera est une ode à l’esprit de Gioachino Rossini, artiste italien francophone mort à Paris en 1868, sous le premier empire français. La première représentation du Requiem a eu lieu à Milan dans l’église San Marco. C’est Verdi en personne qui dirigea l’orchestre. Le succès de l’événement fut tel que trois nouvelles dates ont été réservée à la Scala pour permettre à l’auditoire milanais d’entendre cette merveille. Le Dies iræ est particulièrement touchant et entraînant.


Le Missa pro defunctis de Domenico Cimarosa est une composition musicale napolitaine en sol mineur à 4 voix. Elle fut écrite en 1787 pour orchestre et éditée dans le complexe monastique de San Pietro a Majella. Après un début de carrière difficile où la nécessité de survivre prenait clairement le dessus sur la nature créatrice de l’auteur, les opéras du compositeur ont commencés à gagner en notoriété et lui ont permis de voyager entre les villes de Naples, Rome et Venise. Fort de son succès et libéré du poids des contraintes financières, Domenico Cimarosa se consacra alors à la rédaction de plusieurs manuscrits sacrés qui feront date dans l’histoire de la musique italienne. Le Missa pro defunctis dispose de 18 mouvements rédigés en latin, pour une durée totale de 50 minutes environ.


Le Requiem en ut majeur de Johann Adolph Hasse est une composition musicale créée en 1763 à la mémoire d’Auguste III, souverain de Saxe, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Le Requiem en mi bémol majeur fut lui destiné à son héritier de sang Frédéric IV de Saxe. Il s’agit du symbole de la galanterie d’époque, l’atmosphère y est maîtrisée et soucieuse de l’harmonie. Les auditeurs sont rarement surpris ou désemparer par l’architecture d’ensemble ou le caractère de l’écriture. C’est une parfaite illustration de la sobriété du grand siècle « allemand » où les témoignages funéraires se font discrètement et noblement. Piliers de la musique baroque, les Requiem de Johann Adolph Hasse font parti du patrimoine ancestral de l’opéra seria.


Le Requiem Opus 148 de Robert Schumann est une messe d’inclinaison protestante composée en 1852, deux ans avant la mort de l’artiste allemand. Souffrant d’une mélancolie profonde et psychotique, l’auteur a marqué son oeuvre d’une dépression intime qui animait désespérément ses nuits et alimentait à foison son caractère suicidaire. On aura tout dit à propos de Roberts Schumann. Entre les faux médecins qui l’accusait de souffrir d’un dérèglement mental incurable et les concierges de bas étages qui ragotait des mensonges à longueur de journée sur son état de santé, personne ne sait réellement pourquoi l’homme s’est renfermé sur lui même pendant de longues années. Ce qui est sur, c’est que son isolement psychiatrique lui aura été serviable et prolifique puisque c’est à cette endroit qu’il a donné jour à ses plus beaux prodiges, dont cette admirable pièce crépusculaire.


La Messe de Requiem de Camille Saint-Saëns est une oeuvre musicale créé en huit petits jours, pendant un voyage de recueillement dans la ville de Berne (en Suisse) au mois d’avril 1878. Il s’agit d’un manuscrit composé en l’honneur de la mémoire de son mécène Albert Libon, mort l’année précédant la parution de l’ouvrage. Le Requiem fut joué pour la première fois au mois de mai, dans la monumentale Église Saint-Sulpice de Paris. Cette messe a la particularité d’avoir été très peu sollicitée par la presse de son époque, d’ailleurs, Camille Saint-Saëns n’avait lui même pas vraiment envie d’en faire l’écho à son entourage éloigné. Le temps lui aura rendu justice puisque cette pièce fait aujourd’hui parti des œuvres du répertoire français les plus joués et les plus appréciés du public parisien encore en vie et un temps soit peu éduqué à l’art musical. Son instrumentation est faite notamment de solistes, d’un chœur, de flûtes, de bassons, de cors et de harpes. L’immersion dans l’oeuvre se fait très rapidement pour les néophytes. L’homme avait du talent.


L’Ein deutsches Requiem de Johannes Brahms est une composition musicale allemande écrite en 1869 pour le compte de son mentor décédé. Elle a la particularité de ne pas être une messe. En effet, ce texte sacré, empreint du patriotisme mesuré et caractéristique des aristocrates protestants du 19e siècle, se nourrit de la lecture quotidienne de la bible luthérienne par Brahms. Sa genèse se résume par la célèbres phrase qui conduit l’unique étape du manuscrit: «Été 1866, Zurich et Baden-Baden». Il s’agit d’un retour au source religieuse de l’auteur qui reprend les paraboles du Sermon sur la montagne se trouvant dans l’Évangile selon Matthieu. Ce Requiem est le portrait le plus fidèle qui nous montre l’influence que l’idéalisme allemand a eu sur l’ensemble de la sphère artistique Outre-Rhin.


Le Requiem de Maurice Duruflé est un messe traditionnelle composée en 1947 pour honorer une commande de l’éditeur de musique français Auguste Durand. Il s’agit d’une oeuvre sacrée qui s’inspire des pièces pour orgues antérieurement écrite par Maurice Duruflé dans l’optique de faire revivre le chant grégorien sous un nouveau jour. C’est une pièce en neuf mouvements qui a été interprété pour la première fois dans la salle Gaveau à Paris, sous la direction du grand chef d’orchestre Roger Désormière. Les auditeurs aiment écouter la singularité rythmique du Sanctus et apprécient la puissance conclusive de l’In Paradisum. Ce Requiem est fait pour chœur mixte et solistes.

Ce top devrait vous aider à conquérir le chemin vers la paix de l’Esprit et le repos de votre âme. La bonne musique est trop rare de nos jour pour se priver de ces joyaux épiques à la portée de tous les internautes en quête de recul, de calme et de tranquillité. Comme la nuit porte conseil, le silence peut parfois accomplir des merveilles que le Requiem vient sublimer en posant des « mots » sur les maux. J’espère sincèrement que cette liste vous aura apporté la Joie contenue dans tous les éloges raisonnables de la Foi en l’Un.

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