Liste des tueurs en séries français les plus célèbres

Avec l’évolution des techniques d’informations et de communications, la médiatisation contemporaine des pires affaires criminelles a pris un tour de plus en plus sombre et macabre. En effet, depuis l’aura noir de Gilles de Rais (le baron de Retz qui, dit-on, inspira les traits du personnage de Barbe Bleue) et les récits romancés qui suivirent le jugement d’Hélène Jégado (une empoisonneuse célèbre qui deviendra la croque-mitaine de Bretagne), rares sont les meurtres en série modernes qui donnent encore lieux à des légendes posthumes au vue de la précision effrayante des rapports journalistiques qui les couvrent. Entre les documents audio, les films documentaires et les photos de scènes de crimes qui circulent sur internet, il faut dire que l’espace imaginaire qui entoure ce genre d’affaires s’est considérablement restreint. Ainsi, plutôt que de concevoir des images approximatives, fantasmées ou spéculatives des meurtriers les plus célèbres, nous devenons des spectateurs effarés, bien informés et même, quelques fois, des voyeurs étrangement fascinés. Afin de perpétuer la tradition lugubre d’un pan entier de notre littérature et cultiver notre sinistre curiosité pour la mort et le sentiment de peur, je vous propose de faire le point sur la liste des plus grands tueurs en séries français.

Martin Dumollard est un criminel français né le 21 avril 1810 à Tramoyes, dans l’Ain, et mort guillotiné le 8 mars 1862 dans la petite commune de Montluel. Il est souvent considéré comme le premier tueur en série identifié (selon les critères récents) de notre histoire. De 1850 à son décès, il avait pris l’habitude de proposer des places confortables à des domestiques lyonnaises qu’il attirait ensuite dans des ballades à pied avant de les agresser violemment. Il est l’auteur de 12 tabassages et 3 assassinats connus. Son épouse, Marie-Anne Martinet, se chargeait de récupérer les effets personnels des victimes pour en jouir ou les revendre. L’histoire de Martin Dumollard a inspiré Victor Hugo qui n’hésite pas à évoquer son nom dans Les Misérables.

Joseph Vacher (le tueur de bergers) est un meurtrier français né le 16 novembre 1869 à Beaufort, en Isère, et mort exécuté le 31 décembre 1989 à Bourg-en-Bresse. Il s’agit d’un ancien militaire devenu vagabond, connu pour son caractère sauvage et violent, on lui attribue plus de 30 meurtres dont une vingtaine par égorgements. Ses victimes sont souvent de femmes et des adolescents que l’on retrouve mutilés et violés. Lors de son procès, Joseph Vacher avoue 12 assassinats et n’est condamné que pour un seul d’entre eux. Son mode opératoire est celui d’un prédateur affamé. Il repére d’abord des jeunes gens isolés avant de se jeter sur eux. Il les étouffe brièvement puis sectionne leur gorge avec un rasoir ou un couteau. Une fois morts, il éventre ses victimes, leurs coupe des membres, les mutile et viole leurs cadavres.

Henri Désiré Landru est un tueur en série français né à Paris en 1869 et mort guillotiné à Versailles en 1922. Il est connu pour avoir diffusé des annonces matrimoniales où il se présente comme un homme veuf, élégant et riche afin d’attirer des femmes seules ou des prostitués avec un peu d’argent à son adresse de Vernouillet. Il usait ensuite de son éloquence pour leur promettre un beau mariage et les pousser à signer des procurations bancaires. Une fois son oeuvre accomplie, il assassinait ces gentes dames et faisait disparaître leur corps en les brûlant au fourneau. En plein milieu de la première guerre mondiale, Henri Désiré Landru était avant tout motivé par des motifs pécuniaires. Le retentissement de cette affaire a profondément marqué l’environnement moral de son époque. On lui compte 11 victimes âgées de 17 à 55 ans.

Marcel Petiot (le docteur Wetterwald François) est un médecin français né à Auxerre en 1897 et mort guillotiné à Paris en 1946. Dans un cabinet aménagé pour dissimuler une pièce fermée et équipée d’un œil de portes, il étouffait ses victimes au gaz ou les empoisonnait par le biais de faux vaccins. Il observait ensuite leur longue et lente agonie à travers le petit hublot installé à cet effet. En 1944, l’odeur de mort qui se dégage de la cheminée d’une maison abandonnée de la rue le sueur dérange le voisinage qui se décide à alerter les autorités. Arrivés sur place, ceux-ci vont vite découvrir des corps dépecés à coté d’une chaudière de la cave et de nombreux vêtements cachés dans un débarras. On ne connais pas le nombre exacte de ses victimes, 24 de ses meurtres seront prouvés par la justice mais on lui attribue la parenté d’au moins 67 disparitions suspectes.

Marcel Barbeault (le tueur de l’ombre) est un meurtrier en série français né à Liancourt en 1941 et condamné à la prison à perpétuité en 1981. Il est connu pour avoir abattu des femmes exclusivement brunes. Son mode opératoire était toujours le même. A la nuit tombante, il sortait avec une carabine 22 long rifle dotée d’un silencieux, il suivait patiemment ses proies et surveillait leurs faits et gestes. Une fois qu’il l’avait décidé, il les agressais à mort, les déshabillais et leur prenait leur sac à main. Sa traque a duré 7 ans, une période trouble et interminable durant laquelle Marcel Barbeault aura fait 8 victimes et réussi à terroriser les habitantes de Nogent-sur-Oise. Son arrestation fu possible grâce à un témoin anonyme et à l’expérience du détective Daniel Neveu.

Émile Louis est un tueur en série français né à Pontigny en 1934 et mort en 2013 dans une prison de Nancy. Il est à l’origine de l’affaire des disparues de l’Yvonne. Il est connu pour avoir violer et torturer 9 femmes entre 1975 et 1980 dont 7 handicapées de la DDASS. Il a également violenter et agressé sa propre épouse, sa fille et des mineures embarquées dans un réseau pédophile particulièrement écœurant. La logique de ses meurtres répondait à ses pulsions sexuelles et faisait écho à des troubles affectifs qu’il traînait depuis son enfance et qui se sont aggravés avec le temps. Alors qu’elle avait seulement 10 ans, son enfant Marilyne Vinet raconte avoir assistée à l’éventrement d’une jeune fille par son père dans un bois de Saint-Florentin.

Thierry Paulin (le monstre de Montmartre) est un « célèbre » meurtrier français né en Martinique en 1963 et mort à Fresnes en 1989. C’est un jeune homme perturbé, dont la carrière de soldat est avorté à cause de son homosexualité et des problèmes d’intégrations liés à son orientation sexuel. Entre 1984 et 1987, pour faire face à des problèmes d’argent et financer ses achats de drogue pour sa consommation personnelle et celle son amant toxicomane, il agresse et assassine 21 personnes âgées en les étouffants afin de mieux les voler. Thierry Paulin est connu pour avoir passer ses nuits en discothèque dans la même période que ses crimes en série. Et, détails sordide, alors qu’il se savait condamner par la maladie du Sida, il a continuer à asphyxier des vielles femmes pour pouvoir organiser des fêtes gigantesques.

Francis Heaulme (le routard du crime) est un tueur en série français né à Metz en 1959 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Après la mort de sa mère, de 1984 à 1992, il commet au moins neuf meurtres entre Montauville et Boulogne-sur-Mer. Ses crimes sont particulièrement atroces, il a par exemple étranglé et poignardés un enfant belge de 9 ans en lui portant 83 coups de tournevis. Il a aussi éclater le foie de Sylvie Rossi et la rouant de coups alors qu’elle tentait de lui échapper. Francis Heaulme est aussi connu pour avoir violer et exterminer Laurence Guillaume (14 ans) avec l’aide d’un complice aux alentours de sa ville natale.

Patrice Alègre est un tueur en série français né à Toulouse en 1968 et arrêté à Châtenay-Malabry en 1997. Fils de policier, il passe son enfance à Saint-Geniès-Bellevue où il est témoin des violences conjugales perpétrés par son père et de la détresse inavouée de sa mère. Patrice Alègre sympathisait avec ses victimes avant de les violer puis les tuer de sang froid. Parmi ses victimes, il y a Valérie Tariote, une collègue Barman qu’il a tenté de séduire mais qui s’est refusée à lui; Mireille Normand, la propriétaire d’un chalet à Verdun retrouvée enterrée dans son jardin parce qu’elle aura eu la mauvaise idée d’embaucher et d’héberger le tueur en tant que domestique de maison; et enfin, Isabelle Chicherie, une connaissance, employée SNCF qui tentera de l’aider financièrement et qui sera étranglée et brûlée.

Guy Georges (le tueur de l’Est parisien) est un violeur et un meurtrier français né à Vitry-le-François en 1962 et condamné à la prison à vie en 2001. Discret et marginal, il se prostituait sur Paris au moment de son premier méfait criminel. En 1981, il viole et poignarde une parisienne de 18 ans pour la première fois. Celle-ci survit à son agression et porte plainte mais Guy Georges n’est pas iniquité par la police qui conclue rapidement à un non lieu. S’ensuit alors un déferlement de crimes odieux qui visent essentiellement des femmes qui ont ont pratiquement toutes le même profil, elles sont jeunes et ravissantes. Il leur imposait des relation sexuelles non consenties puis les étranglais et les poignardais. La gradation de la violence dans le procédé de ses crimes est un cas d’école lugubre pour les inspecteurs spécialisés.

Michel Fourniret (l’ogre des Ardennes) est un tueur en série français particulièrement cruel. Né à Sedan en 1942 et condamné en 2008, il est connu pour avoir commis plus d’une vingtaine de viols et une dizaine d’enlèvements de fillettes suivis de meurtres entre le nord de la France et la Belgique. Après avoir récupérer le magot d’un gangster connu en prison, il séduit Monique Olivier, achète le Château du Sautou dans les Ardennes et un petit studio à Sedan. Ses victimes sont généralement très jeunes et sont souvent retrouvés dans des endroits sombres ou difficilement accessibles, au fond d’un puits, dans une foret ou enterrés sous terre. Dans son entourage, il avait une réputation d’homme discret et cultivé.

Il s’agit d’un top dérangeant qui n’est certainement pas fait pour vous aider à dormir. Au delà de son caractère perturbant, il traduit la folie du genre humain et nous met face à la monstruosité telle quelle. Il faut l’envisager comme un prétexte pour réfléchir le mal et mieux comprendre la faiblesse de notre espèce. J’espère qu’il vous aura au moins servie de remède à un état de frivolité et d’insouciance. Sa fait froid dans le dos n’est-ce pas ?

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